OVINS/CAPRIN : Clavelée/variole caprine et peste des petits ruminants
mis en ligne le 09 mars 2026
Au sud de l’Europe, deux maladies très contagieuses sévissent : la clavelée et la peste des petits ruminants. Ces maladies sont très contagieuses et sont soumises à éradication. Cet article cherche à informer de la situation, à sensibiliser les détenteurs d’ovins et de caprins et à rappeler que la biosécurité est plus que jamais indispensable dans les élevages.
Deux nouvelles menaces sanitaires concernent les élevages de petits ruminants : la clavelée, également appelée Variole ovine et caprine et la peste des petits ruminants.
Face à cette situation, la vigilance et le respect strict des mesures de biosécurité demeurent essentiels. Ces éléments renforcent la nécessité d’une surveillance accrue et d’une application rigoureuse des mesures sanitaires afin de limiter tout risque de diffusion.
La clavelée est actuellement signalée dans plusieurs pays d’Europe du Sud, avec une dynamique préoccupante :
La clavelée ou variole caprine est une maladie de catégorie A-D-E au niveau Européen, classée au même rang sanitaire que la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC). À ce titre, elle fait partie des maladies les plus réglementées au niveau européen, nécessitant une déclaration immédiate et des mesures strictes de gestion en cas de confirmation avec éradication immédiate et obligatoire. Elle est due à un virus appelé Capripoxvirus de la famille des Poxvirus. Le virus peut survivre six mois dans les croûtes sèches et plusieurs mois dans la laine. Ce virus touche les ovins et caprins de tout âge, il est très contagieux. La transmission se fait par contact direct (croûtes sécrétions nasales et oculaires) et indirect (litière, matériels, insectes ou poussières). Le temps d’incubation est de 4 à 21 jours.
Selon la souche virale, la morbidité peut atteindre 100%. La mortalité est généralement de 5-10% en zone endémique, mais peut atteindre jusqu’à 100% chez les jeunes animaux.
Chez les moutons et les chèvres, plusieurs formes cliniques peuvent être observées :
Les papules évoluent directement en nodules, qui se nécrosent avant de tomber.
Dans les cas graves, on peut observer :
La PPR est enzootique dans de nombreux pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. Au niveau mondial, elle fait l’objet d’un programme de contrôle et d’éradication piloté conjointement par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et la FAO. La situation dans les Balkans est la suivante :
La Peste des Petits Ruminants (PPR) est une maladie virale due à un virus du genre Morbillivirus, apparenté à celui de la peste bovine (maladie éradiquée au niveau mondial en 2011). La lignée aujourd’hui la plus répandue en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, est à l’origine des émergences récentes en Europe.
La maladie atteint principalement les ovins et caprins. Comme la clavelée la PPR est classée A- D-E au niveau européen. La PPR n’est pas transmissible à l’homme.
La transmission se fait principalement :
La maladie est généralement caractérisée par :
Cependant, certains animaux peuvent développer peu, voire aucun signe clinique, selon la race, l’état sanitaire et les conditions d’élevage. Cette variabilité, fréquemment observée lors des émergences en Europe, complique la détection précoce de la maladie sur le terrain.
Pour limiter le risque d’introduction et de diffusion de la clavelée, il est indispensable de :
La prévention et la réactivité restent les meilleurs remparts contre l’introduction de la maladie sur le territoire.
À l’approche des fêtes religieuses, notamment Pâques (5 avril 2026) et l’Aïd el-Kebir (aux alentours du 26 mai 2026), les effectifs en élevage augmentent traditionnellement. Cette période s’accompagne d’une hausse du nombre de petits ruminants en Europe et d’une intensification des mouvements commerciaux, tant intra-européens qu’avec les pays tiers.
La prévention repose sur des mesures simples mais rigoureuses : biosécurité renforcée, surveillance attentive des animaux, intervention rapide du vétérinaire. Il est impératif d’être particulièrement vigilant lors des introductions d’animaux dans le troupeau, en respectant strictement les périodes de quarantaine et les contrôles sanitaires, qui constituent l’un des principaux points d’entrée des maladies.
La réactivité et la rigueur des éleveurs demeurent la clé pour protéger durablement les troupeaux et préserver la santé des élevages.
GDS BFC, d’après GDS 71