DNC : Maintenir la couverture vaccinale
mis en ligne le 23 juin 2026
Il y a un an, la découverte des premiers foyers français de DNC en Savoie faisait entrer l’élevage bovin français dans une crise sanitaire inédite. Notre département n’a pas été épargné. Alors qu’aucun foyer n’a été recensé en France depuis le début de l’année, il faut néanmoins maintenir une vigilance maximale face à un risque de réémergence qui n’est pas totalement écarté.
Le dernier foyer de DNC sur le territoire français a été détecté le 2 janvier dans le département de l’Ariège. En Espagne, 20 foyers ont été détectés entre le 1er octobre 2025 et le 13 février 2026. Le dernier a été déclaré au sein d’un élevage de 133 bovins non vaccinés situé à environ 23 km de la frontière française (Hautes-Pyrénées).
La situation la plus préoccupante actuellement est celle de la Sardaigne où 8 foyers ont été identifiés depuis le 14 avril dans une zone différente de celle de 2025. La résurgence du virus est très probablement liée à un petit élevage (20 bovins) non vacciné dans lequel des lésions anciennes ont été observées sur la quasi-totalité des animaux (18/20). Dans les autres foyers, situés à proximité de celui-ci, les signes cliniques ont été constatés sur des veaux nés en janvier 2026 de mères vaccinées.
Jusqu’à maintenant, aucun pays n’a jamais éradiqué la DNC en moins de 2 ans. Il serait donc très présomptueux d’annoncer que la crise est définitivement derrière nous.
Selon les experts de l’ANSES, le risque est notamment lié :
La nouvelle campagne de vaccination a officiellement débuté le 18 mars. Elle concerne dans un premier temps les veaux nés de mères vaccinés et ceux qui ont été vaccinés avant l’âge de 3 mois dont l’immunité ne dure pas.
Les autres bovins devront faire l’objet d’un rappel entre 8 et 15 mois après la primo-vaccination. Dans la grande majorité des cas ce rappel sera réalisé à partir de septembre. Pour une bonne organisation, il faudra probablement commencer par la vaccination des vaches laitières avant de poursuivre par les génisses laitières et les troupeaux allaitants après la mise à crèche. Nous reviendrons vers vous à ce sujet en septembre.
Actuellement, si le taux global de vaccination reste très bon, nous constatons un effritement de la couverture immunitaire pour les veaux ayant perdu l’immunité colostrale (5 % des jeunes âgés de 6 à 9 mois n’ont toujours pas été vaccinés) ou vaccinés avant l’âge de 3 mois et toujours pas revaccinés (9 % des jeunes âgés de 6 à 9 mois n’ont toujours pas été revaccinés) :
Tableau 1 : Taux de couverture vaccinale (Dans le Doubs - données enregistrées au 18/06/2026)
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Veaux initialement sous immunité colostrale |
âgés de 3 à 6 mois |
et désormais vaccinés |
39 % |
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âgés de 6 à 9 mois |
et désormais revaccinés |
95 % |
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Veaux initialement vaccinés avant l’âge de 3 mois sans être sous immunité colostrale |
âgés de 3 à 6 mois |
et désormais revaccinés |
69 % |
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âgés de 6 à 9 mois |
91 % |
Sur le plan réglementaire, un bovin qui n’est plus couvert par l’immunité colostrale ne peut plus être déplacé. Son troupeau peut alors ne plus être considéré comme valablement vacciné.
Nous entrons dans une phase d’activité vectorielle particulièrement active donc dans une période à risque. L’absence de foyer sur le territoire français au cours de l’été permettrait d’entrevoir plus sereinement la sortie définitive de cette crise, qui nous l’espérons tous interviendra le 1er septembre 2027.
Pour notre département, l’enjeu majeur est de maintenir une couverture vaccinale massive et la plus exhaustive possible. Si c’est le cas, la probabilité de passer une année 2026 sans foyer est élevée. Dans le cas contraire, nous risquons de revivre des drames et de subir des contraintes fortes.
Chaque détenteur de bovins a donc une responsabilité individuelle et surtout collective forte.