MHE : GDS BFC s’associe aux demandes syndicales d’abroger les contrôles de sortie prévus sur le mois de novembre
mis en ligne le 12 octobre 2026
Suite au changement de la réglementation européenne qui introduit à partir du 1er novembre un délai de 60 jours de présence pour sortir d’une zone indemne de MHE, plusieurs syndicats se sont exprimés pour demander l’abrogation de cette disposition pour les zones redevenues indemnes au 1er octobre. GDS BFC s’est associé à cette demande car cette mesure n’apporte pas de réelle garantie sanitaire complémentaire pour les zones concernées qui sont surveillées par des dizaines de milliers d’analyses depuis 2 ans. Par ailleurs cette situation est ubuesque car la mesure est non appliquée en octobre, ce qui autorise les sorties sans contrôles MHE, mais ceux-ci seront réinstaurés pour le mois de novembre. Un courrier cosigné par les présidents de la FRSEA, des JA et de GDS BFC a donc été adressé à Me la Préfète de la Région BFC pour demander l’abrogation de cette disposition.
Courrier cosigné de JA, FRSEA et GDS : ICI
Il nous avait été annoncé que le 1er octobre 2026 marquerait le passage de la majeure partie des communes surveillées de BFC en zone indemne de MHE. Les éleveurs s’attendaient à juste titre à un allègement des mesures exigées depuis 2 ans pour sortir de la zone surveillée à partir de cette date. Le changement de règle au niveau européen qui s’opérera au 1er novembre 2026 impose une présence d’au moins 60 jours sur la zone indemne avant d’aller vers une autre zone indemne.
Ce téléscopage de calendriers administratifs amène une situation ubuesque et incompréhensible sur le plan de la logique sanitaire pour les éleveurs des zones libérées au 1er octobre. En effet, du 1er au 31 octobre, ils pourront sortir leurs animaux sans contrôle MHE alors que ces contrôles devront être réappliqués du 1er au 30 novembre ! Et pour les 38 communes de la zone libérée au 1er novembre, les éleveurs devront attendre le 1er janvier 2027 pour bénéficier de l’arrêt des contrôles MHE.
Ces 60 jours supplémentaires après une période de surveillance de 2 années paraissent totalement injustifiés. Plus aucun cas n’est détecté en France depuis novembre 2025, indiquant une absence de circulation virale pendant la période d’activité vectorielle 2026. Pour notre seule région, qui n’a jamais compté un seul foyer, plus d’une cinquantaine de milliers d’analyses réalisées pour les contrôles d’exportation depuis l’été 2025 n’ont révélé que des résultats négatifs.
Dans ce contexte, la prolongation de ce dispositif de surveillance apparaît totalement disproportionnée et aberrante. Elle est d’autant plus difficilement acceptable au regard de la situation agricole connue cette année. Ces mesures ne rendront pas nos broutards plus compétitifs à l’export et ne permettront pas d’enrayer la baisse des prix subie depuis le début de l’année. Bien au contraire, elles risquent de déstabiliser les marchés par le jeu des changements successifs de règles sanitaires ! Elles imposent en revanche aux éleveurs de continuer à mobiliser du temps, de l’argent et de l’énergie dans des démarches administratives et sanitaires qui s’éternisent.
Cette situation est d’autant plus pénible dans le contexte actuel de sécheresse et de difficultés financières rencontrées par nos exploitations. Le moral de nos éleveurs est au plus bas et ils ne peuvent entendre ce délai supplémentaire de 60 jours. Pour eux, cela signifie des broutards qu’il faut continuer de nourrir, dans l’attente des résultats des analyses, alors même que les stocks de fourrages sont comptés et ne permettront pas à certaines exploitations de passer l’hiver dans de bonnes conditions. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une véritable crise climatique et économique.
Nous devons agir dans le bon sens : celui de la recherche de solutions concrètes pour accompagner nos exploitations et permettre à nos éleveurs de passer ce cap. Ces nouvelles contraintes administratives et sanitaires viennent encore alourdir leur quotidien.
Nous vous demandons donc solennellement d’intervenir et d’agir pour que cette période supplémentaire ne soit pas imposée aux éleveurs des départements concernés de notre région qui n’a jamais présenté aucun foyer.
Nous savons qu’il est difficile de modifier des textes européens, mais la France peut demander d’adapter cette réglementation à sa situation particulière, en montrant par les centaines de milliers d’analyses réalisées et négatives qu’elle ne prend aucun risque à abaisser ce délai « de surveillance » à 0 jour.