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  • Raisonner ses traitements anthelminthiques dans la lutte contre les strongles gastro-intestinaux

Raisonner ses traitements anthelminthiques dans la lutte contre les strongles gastro-intestinaux

mis en ligne le 20 mai 2019 - Bourgogne - Franche-Comté

Relations entre infestation - pression parasitaire et sélection (source : Vincent NEGNY et GDS BFC, d’après Ravinet et al., 2017)

Cet article fait suite au précédent intitulé : « strongles gastro-intestinaux en élevage de petits ruminants, définissez votre tableau de bord ! » et aborde donc uniquement le traitement contre les strongles gastro-intestinaux (SGI) des petits ruminants élevés au pâturage.

Article rédigé par Vincent NEGNY (vétérinaire référent en petit ruminant GTV BOURGOGNE) à la demande des Sections Ovine et Caprine du GDS Bourgogne – Franche-Comté

Si l’acquisition progressive d’une immunité antiparasitaire forte fait partie de la stratégie de lutte contre les SGI des bovins, il n’en est pas de même pour les petits ruminants: trop faible chez les caprins, elle est moyenne chez les ovins. Ainsi la lutte contre les SGI des petits ruminants repose essentiellement sur l’emploi de molécules chimiques à activité anthelminthique (AH).

Cette conduite thérapeutique se heurte à trois contraintes majeures :

  • la faible disponibilité en AH autorisés chez les petits ruminants avec cinq grandes familles d’AH : les benzimidazoles (fenbendazole, oxfendazole, albendazole, nétobimin…), les lactones macrocycliques (ivermectine, moxidectine, éprinomectine…), les imidazothiazoles (lévamisole), les salicylanilides (closantel, nitroxynil) et les dérivés d’amino-acétonitriles (monépantel).
  • les restrictions d’utilisation pendant la lactation.
  • la sélection de SGI résistants voire multirésistants : si aujourd’hui en France la résistance aux benzimidazoles se généralise, celle aux lactones macrocycliques pointe le bout de son nez…

 

La résistance aux AH, un phénomène évolutif qui résulte d’une pression de sélection :

Dans une population de SGI, des vers résistants préexistent toujours à l’utilisation d’une famille d’AH. Ils possèdent la capacité génétique (donc héréditaire !) de supporter des doses de cet AH supérieures à celles tolérées par leurs homologues dits sensibles et se retrouvent donc sélectionnés lors de l’utilisation de cet AH. Si initialement cette proportion de SGI résistants est faible et passe inaperçue, l’utilisation intense et répétée de cette famille d’AH augmente progressivement leur proportion relative au détriment des populations sensibles jusqu’à en observer une baisse d’efficacité. On parle de pression de sélection exercée par l’AH.

Cette résistance est :

  • héréditaire.
  • préexistante à toute utilisation des AH, ainsi les premiers cas de résistance sont rapportés dans les 3 à 14 ans qui suivent l’année de commercialisation d’un nouvel AH.
  • une résistance de famille : la résistance à un AH donné confère une résistance à l’ensemble des AH de la même famille. Attention donc à l’utilisation d’AH aux noms commerciaux différents, contenant des molécules de noms différents mais appartenant bien à une même famille d’AH !
  • une résistance qui s’achète : l’achat d’animaux hébergeant des vers résistants à une ou plusieurs familles d’AH est considéré comme une circonstance fréquente d’introduction de la résistance dans une exploitation. Ainsi il est vivement recommandé de « sécuriser » les introductions en les vermifugeant avec plusieurs traitements AH de familles différentes avant de les sortir sur des parcelles déjà pâturées (notion de refuge abordée plus loin).
  • irréversible : des SGI résistants ne redeviennent pas sensibles même après plus de 10 ans de non utilisation des AH incriminés.
  • liée à l’utilisation des AH. Si la mauvaise utilisation des AH, et le sous dosage en particulier, représente une pratique à risque, c’est avant tout la fréquence des traitements qui est le facteur le plus influent sur le développement des résistances. A cela s’ajoute l’utilisation systématique et répétée d’une même famille d’AH ou de formulations longue-action (lactones macrocycliques, bolus) ou pour-on (efficacité variable entre individus et phénomène de léchage) ainsi que certaines pratiques (traitement de tout le troupeau et passage sur des parcelles saines qui se retrouvent alors infestées principalement par des SGI résistants sélectionnés).

 

Contrôler l’efficacité des AH, test de réduction d’excrétion fécale post-traitement (TREF) :

L’observation d’un défaut d’efficacité d’un AH doit dans un premier temps amener à réfléchir sur le traitement réalisé : le problème sanitaire rencontré a-t-il bien une origine parasitaire ? Ai-je bien utilisé le bon produit, à la bonne dose, au bon moment ? La date de péremption, les conditions de conservation et le délai d’utilisation après ouverture ont-ils été respectés ?

Si aucune explication n’en ressort, se rapprocher de son vétérinaire pour réaliser un TREF, test qui s’appuie sur le dénombrement des œufs de strongles dans les fèces (coproscopie) avant et après traitement.

 

Notion de population refuge :

Un refuge est une population de SGI non soumise à l’action de l’AH (donc non sélectionnée) lors d’un traitement. Il est donc constitué par les larves de SGI présentes sur les pâtures et les adultes présents chez les animaux non traités avec l’AH. Ces refuges permettent une dilution des SGI résistants sélectionnés lors du traitement AH pour qu’ils demeurent en faible proportion et préservent ainsi l’efficacité de l’AH. Ce refuge sera donc faible si l’on traite tous les animaux d’un lot en même temps et à un moment où peu de larves sont présentes sur les parcelles (sortie d’hiver, sécheresse, traitement suivi du passage sur une parcelle saine : le « dose and move »).

  

  Relations entre infestation - pression parasitaire et sélection (source : Vincent NEGNY et GDS BFC, d’après Ravinet et al., 2017)

Raisonner ses traitements : traitements ciblés/traitements sélectifs :

Préserver l’efficacité des AH c’est préserver des populations parasitaires refuge ; deux stratégies différentes mais complémentaires peuvent être proposées :

  • les traitements ciblés: on décide de traiter ou non tout un lot en fonction du résultat de la coproscopie de mélange réalisée à des périodes à risque fonction de la conduite d’élevage : 6 à 8 semaines après la mise à l’herbe, 1 mois avant la mise à la reproduction ou la mise bas, les dates de rentrée en bâtiment... Cette approche tient compte du risque parasitaire pour le lot mais aussi du niveau d’infestation des pâtures, fonction de la conduite du pâturage et de la météorologie, afin de préserver des populations refuge. Elle amène donc à reconsidérer le traitement collectif à la rentrée en bâtiment, lors de sécheresse (déclin des stades larvaires présents sur les pâtures) ou suivi d’un déplacement sur une parcelle saine : le « dose and move » mais lui préférer le « move and dose » soit le déplacement sur la parcelle saine suivi du traitement quelques jours plus tard.

Nous avons vu dans le premier article concernant la coprologie les seuils d’interprétation, ils dépendent de la prolificité des parasites (élevée pour Haemonchus/faible pour Nematodirus par exemple) et doivent être adaptés aux objectifs de chaque élevage (objectif de production ou de réduction des traitements par exemple). Si on décide de ne pas traiter tout le lot, on peut alors avoir recours au traitement sélectif.

  • les traitements sélectifs : ils partent du constat que le parasitisme n’est pas uniformément réparti chez tous les individus du troupeau mais que seule une faible proportion du troupeau est très parasitée et responsable de la contamination des pâtures. Identifier ces animaux et les traiter permet de diminuer le risque de contamination parasitaire de leurs congénères qui, laissés sans traitement, vont héberger une population parasitaire refuge. L’utilisation de coproscopies individuelles pour déceler ces individus est une méthode lourde et onéreuse, ainsi plusieurs indicateurs ont été testés (indice FAMACHA, index de diarrhée (DISCO), index de souillure de l’arrière-train (DAGSCORE), GMQ, production laitière et NEC). Parmi eux, l’âge semble un indicateur intéressant en production ovine, les primipares excrétant plus d’œufs que les multipares ; l’âge et la production laitière en production caprine : les primipares et les fortes productrices étant les plus fortes excrétrices. Des traitements sélectifs basés sur le GMQ ou la NEC ont également montré leur intérêt. D’une manière générale, les traitements ciblés/sélectifs permettent de diminuer le nombre de traitements AH sans diminuer les performances zootechniques des élevages.